|

Des redevances tarifaires au profit des pauvres?
©laleonline.com |
Dr. Djimé Adoum, tchadnews.info, 5 mars 2006.
Les faits sont là et même le Quai d’Orsay les ignore,
l'histoire en dira plus. En effet les pays pauvres, surtout
ceux d'Afrique ne sont pas pauvres mais leurs abondantes
ressources naturelles sont dilapidées au profit d'une bande
mafieuse de pseudo dirigeants.
|
Les deux rapports de 2005 du PNUD-IDH et celui de Transparency
International ont démontré que 33 pays sur 44 en Afrique ont
régressé et ce n'est pas à cause la nudité de leur sol et sous-sols
mais c'est à cause du pillage systématique de ces ressources. A
cela s'ajoute le manque de volonté des prétendus pays amis qui n'ont
ménagé aucun effort dans la mise à coupe réglée de ces ressources.
Soyons sérieux et de quels pays nous parle t-on? A supposer qu'il
s'agisse de l'Afrique sub-Saharienne en commençant par le Tchad, le
Congo Brazzaville, le Gabon, le Cameroun, la RCA, le Nigeria, le
Sénégal, le Mali, le Togo, etc.
Hormis quelques raretés, beaucoup de ces pays abondent de ressources
naturelles, notamment le mazout! Il s'est avéré que ces pays sont
très mal gérés et mal gouvernés. Tous les indicateurs de
performance, surtout dans les domaines des infrastructures (routes,
téléphones, santé, éducation, télécommunications) sont néants (voir
les données statistiques de la Banque mondiale).
A
cela s'ajoute le fait que les pseudo dirigeants ne se sont jamais
souciés de créer les conditions minimales pour l'utilisation
rationnelle des ressources. D'ailleurs certains de ces dirigeants
trouvent plus commode d'effectuer des voyages à New York et y
dépenser des sommes faramineuses au lieu de remettre en état les
installations sanitaires vétustes en inadéquation avec les besoins
des populations
Pour le cas du Congo Brazzaville par exemple, heureusement que Radio
France Internationale a dit très haut et à qui voulait l'entendre,
que plus de 70 pourcent des congolais vivent avec moins d'un dollar
par jour.
Le journal radio de la radio nationale française nous informe sur
les grandes dépenses engendrées par l’entourage du Président Sassou
Nguesso à Neew York. Il est incompréhensible que le Président
Sassou Nguesso, chef d'Etat de l'un des pays les plus appauvris de
la planète, voyage à New York, occupe 26 chambres pour lesquelles il
paye une bagatelle de 295,631 US pour 26 chambres. La facture du
Palace Hôtel sur l'Avenue Madison, convertit en FCFA ferait presque
150 million CFA. Cela pourra régler beaucoup de problèmes de santé.
Les exemples de dilapidation des ressources au Tchad ne sont pas
moins importants. Selon le récent article du New York Times, un
château d’eau devrait être construit à Moissala pour une facture de
$360,000 soit ~120.000.000 FCFA. Le comité de controle et de suivi
se rendit sur place pour constater l’état d’avancement des travaux.
Aucune trace ! Les autorités locales ignoraient l’existence d’un
tel projet. Toujours au Tchad, les factures d’un ordinateur et
d’une chaise coûtent $5,300 et $3,600 respectivement. Allez voir
quelque chose là dedans.
Tous ces exemples démontrent à suffisance que ce n’est pas les fonds
qui manquent dans les pays pour lesquels le Président Chirac cherche
à aider à partir des redevances tarifaires sur les billets d’avions,
mais plutôt la mauvaise foi et le style mafieux dans la gestion du
patrimoine national. Cette initiative là, est peu convaincante.
Heureusement, les pays qui sont fatigués de cette mascarade n'y
voient de même oeil et comme ils ne peuvent pas empêcher la
dilapidation des revenus, ils ont jugé utiles de s'abstenir. Cela
réduirait le degré de malfaisance auquel il faut trouver une
solution plus adéquate. Pour comprendre les préoccupations majeures
des congolais présentement, récapitulons les interrogations dans les
détails :
-
Pourquoi la vente du pétrole à ces sociétés écrans se fait à des
prix inférieurs à ceux pratiqués sur le marché international ?
-
Pourquoi les sociétés écrans de Monsieur GOKANA font elles des
prêts à des taux exorbitants à la SNPC, avec des délais de
remboursement très courts (vingt sept jours) ?
-
Pourquoi les revenus issus de ces transactions ne sont pas virés
directement au Trésor public mais d’abord dans les comptes
privés de l’Africa Oil and Gas Coorporation via BGFI banque
Gabon ?
-
Pourquoi avoir caché l’existence de ces sociétés écrans aux
parlementaires représentants légaux du peuple congolais,
seraient t-ils devenus eux aussi des ennemis de la République ?
-
Pourquoi l’omniprésence des membres de la famille présidentielle
dans le circuit de commercialisation du brut congolais et dans
la direction des affaires pétrolières ? N’y auraient ils pas
d’autres Congolais formés dans ce domaine ?
En
somme et selon le rapport de Transparency International de 2005, le
Congo Brazzaville est classé parmi les pays les plus corrumpus de la
planète. Les citoyens congolais par le biais de l'association
Coalition Congolaise Publiez Ce Que Vous Payez
lance un appel aux citoyens congolais: ”afin
qu’ils sortent de leur résignation et exigent des comptes au
gouvernement sur sa gestion des fonds publics."
A vous de juger!
©laleonline.com
|