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Bonne gouvernance économique
Les outils dans le secteur privé
T&C n°232 décembre 2004,
cefod.org
Par
Djo Narmbaye
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Le développement du secteur privé tchadien est
mis à mal par l’amateurisme, le non-respect des normes de
gestion et d’organisation. Bref, par la mal gouvernance qui est
souvent reprochée au secteur public. |
Gérer les affaires économiques, publiques et privées
grâce à des institutions, des mécanismes et des procédures connues,
dans l’efficience et l’équité en vue d’un bien-être des individus et
des collectivités. C’est là une définition de la bonne gouvernance.
Contrairement à ce que certains ont tendance à penser, ces exigences
ne devraient pas s’appliquer qu’à l’État. Tous les acteurs
impliqués dans l’organisation et la gestion de la société tchadienne
que sont l’appareil étatique, la société civile et le secteur privé
sont concernés. Comme acteurs mais aussi comme instances de
contrôle, pour certains. Au Tchad, on pense que le domaine du privé
ne concerne personne d’autre... Aujourd’hui, de plus en plus
d’importance et de rôle sont accordés au secteur privé, porteur
d’une certaine énergie. On attend d’elle qu’elle soit performante
pour être le moteur du développement du pays. Pour cela, le secteur
privé regroupant l’ensemble des entreprises privées (petites,
moyennes ou grandes), doit être productif, générateur d’emplois
et de revenus.
Il est des principes à respecter pour parvenir à un
développement harmonieux du secteur privé, gage d’une croissance
économique nationale.
Responsabilité, transparence et lutte contre la
corruption
D’une manière générale, l’entreprise privée peut être
constituée de plusieurs organes assurant un rôle de contrôle et
de gestion : une assemblée générale (qui regroupe tous les
actionnaires ou sociétaires, et autres). Elle est l’organe suprême
et se charge de prendre les grandes décisions et orientations ; un
conseil d’administration (dont les membres sont élus par l’assemblée
générale) prend part activement à la gestion administrative et
financière de l’entreprise, et est chargé de suivre l’application
des décisions de l’assemblée générale. Il certifie les états
financiers. Il est responsable devant l’assemblée générale. La
direction générale est responsable de la gestion de l’entreprise.
Elle a l’obligation de rendre compte au conseil d’administration et
à l’assemblée générale.
Compte tenu de leur taille ou de l’activité qu’elles
mènent, certaines entreprises se dotent de directions ou de
servi-ces techniques. Voire d’un comité de gestion (prises de
certaines décisions, préparation de la tenue du conseil
d’administration, etc.) et d’un conseil de surveillance, chargé de
suivre et de contrôler la gestion de l’entreprise de façon
périodique et de rendre compte au conseil d’administration.
La bonne gouvernance, de façon générale,
comporte des éléments comme la responsabilité, la transparence,
la lutte contre la corruption, la gouvernance participative et
le cadre juridique et judiciaire favorables. Ces cinq dimensions
sont des outils de la bonne gouvernance économique et permettent, en
même temps, de mesurer le niveau de celle-ci dans un entreprise.
La responsabilisation se définit comme
l’obligation de rendre compte, à tous les niveaux, depuis le
responsable au plus bas niveau (chef d’équipe) jusqu’à la direction
générale et aux conseils de gestion et d’administration.
Au sens strict du terme, la responsabilité met
l’accent sur l’obligation de rendre compte de l’affectation,
l’utilisation et le contrôle des dépenses et ressources et
cela, conformément aux normes admises juridiquement en matière de
budgétisation, de comptabilité et d’audit (contrôle externe fait
par un cabinet d’expertise).
Des comptes vérifiés par un cabinet d’expertise
choisi après un appel d’offres
Au sens large, elle suppose l’établissement et
l’application des principes et règles de bonne gestion des
entreprises. Les textes de l’Ohada (Organisation pour
l’harmonisation du droit des affaires en Afrique), en vigueur au
Tchad depuis janvier 2001, facilitent la tâche car ils exigent
des entreprises, un manuel des procédures qui définit la gestion
administrative, la gestion du personnel, la gestion comptable
et financière, la passation des marchés, la gestion du
matériel et toutes autres branches qui intègrent l’organisation
de l’entreprise.
La transparence, c’est la possibilité pour toutes
les parties prenantes d’accéder à la connaissance de la politique
générale et aux stratégies de l’entreprise. Elle suppose que
les comptes puissent être vérifiés par un cabinet d’expertise
choisi suivant un appel d’offres, les parties prenantes
puissent participer à la prise des décisions et à leur mise
en œuvre avec la possibilité de contester. Pour ce faire, les
informations financières et commerciales exactes et actualisées,
et les rapports périodiques des activités doivent être soumis à
leur examen.
La corruption est un moyen employé pour détourner
quelqu’un de l’observation de ses devoirs. Elle empêche toute
gestion judicieuse des ressources et sape les efforts visant à
promouvoir la croissance. A cet effet, les responsables ont
l’obligation de mettre en place des mécanismes de contrôle
efficaces pour s’assurer de la probité des transactions
commerciales, et contribuer à l’élimination des manœuvres
frauduleuses et autres formes de corruption. La lutte contre
la corruption est un indicateur fondamental de l’attachement à
la bonne gouvernance.
La participation des parties prenantes à la
gestion de l’entreprise est un élément important de succès. C’est
un processus par lequel les parties exercent une influence
sur les décisions d’intérêt général et assurent un contrôle
conjoint des moyens et des organes. C’est, par exemple, la
représentation du personnel au conseil d’administration.
La gestion doit obéir à des règles précises, connues
de tous. Ce cadre juridique et judiciaire est un système dans
lequel les textes (règlement intérieur, conventions collectives et
autres) sont clairement établis et uniformément appliqués pour
tous.
La discipline interne et le respect du manuel des
procédures, comme le code de conduite d’une entreprise,
influent directement sur son efficacité et, partant, sur sa
croissance économique.
L’obligation de rendre compte et la
transparence s’avèrent une nécessité de plus en plus impérieuse.
Le système de gestion d’une entreprise influe sur les
actionnaires ou sociétaires, sur son potentiel à accéder aux
marchés et sur ses rapports avec la société. La mise en place et
le respect des outils favorisent un climat favorable au
développement de l’entreprise par l’attraction des capitaux
d’investissement, facteur d’un développement économique.
Djo Narmbaye
T&C n°232 décembre 2004,
cefod.org
©source: cefod.org
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