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Les syndicats exigent le départ de Conté, 23 morts depuis samedi


©laleonline.com,   - GUINÉE - 11 février 2007 - par AFP


La puissante intersyndicale de Guinée a pour la première fois exigé dimanche le départ du président Lansana Conté, au pouvoir depuis 23 ans, à la veille de la reprise à très haut risque de la grève générale illimitée, qui avait fait au moins 59 morts en janvier.

Au moins 23 personnes, dont deux militaires, ont par ailleurs été tuées dans ce pays pauvre d'Afrique de l'ouest depuis le début samedi matin des manifestations hostiles au chef de l'Etat, 72 ans, affaibli par la maladie, selon un bilan toujours provisoire recueilli auprès de témoins.

La nomination par le chef de l'Etat vendredi soir d'un proche, le ministre Eugène Camara, au poste de Premier ministre a mis le feu aux poudres. Syndicats et opposition ont immédiatement exigé sa démission, le jugeant trop proche du président Conté, qui avait promis de nommer un homme de consensus.

"Nous demandons purement et simplement son départ (de Lansana Conté). L'intercentrale ne fait que traduire la volonté populaire", a indiqué à l'AFP Ibrahima Fofana, un des leaders de l'intersyndicale à l'origine de la grève générale.

"Nous avions signé un accord avec Lansana Conté, il l'a rejeté. La nomination d'Eugène Camara (au poste de Premier ministre) est une insulte au peuple guinéen et au mouvement syndical. Dès la nomination de Eugène Camara connue, la révolte a commencé", a-t-il souligné.

"Nous demandons qu'il (le président Conté) parte", a renchéri dans un entretien dimanche avec l'AFP le président de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, opposition) et porte-parole d'un groupe de 14 partis d'opposition, Mamadou Bâ.

"Il avait dit que le jour où le peuple de Guinée lui demanderait de partir il s'en irait. Alors le peuple le lui demande aujourd'hui. Actuellement, il ne peut rien faire", a-t-il assuré.

"Nous lui avons demandé de trouver quelqu'un pour gérer le pays à sa place, il n'a pas voulu. Nous lui avons demandé de se retirer volontairement, il n'a pas voulu", a insisté le dirigeant.

"Maintenant que le combat est dans la rue, il partira de grès ou de force", a-t-il conclu, très déterminé.

Au moins 23 personnes, dont deux militaires, ont été tuées depuis la reprise samedi de manifestations hostiles au président Conté. Dans la commune de Ratoma, une des deux plus importantes de la banlieue de Conakry, un homme a été tué par la police dimanche, selon des témoins.

En réaction, des manifestants ont complètement saccagé l'Institut supérieur du Commerce et d'administration des entreprises, situé dans la même commune et qui appartient à une des quatre épouses du président Conté, Kadjiatou Seth.

Toujours dans la même commune de Ratoma, la population a tué dimanche trois personnes soupçonnées d'être des pilleurs.

Plusieurs milliers de manifestants hostiles au président Conté ont manifesté dimanche à Dabola, dans le centre de la Guinée, où plusieurs bâtiments administratifs ont été pillés, ont indiqué plusieurs témoins joints par l'AFP.

La rapide dégradation de la situation sécuritaire s'accompagnait d'un isolement progressif du pays.

Le vol Air France Paris-Conakry de dimanche a été annulé. La compagnie française avait déjà annulé le vol de samedi.

Le vol Dakar-Conakry de la compagnie Air Sénégal International, prévu dimanche soir, a également été annulé "pour des raisons de sécurité"

Par ailleurs, la réception de Radio France Internationale (RFI) dans la capitale guinéenne Conakry est interrompue depuis samedi à la mi-journée. RFI est la seule radio internationale reçue à Conakry sur la bande FM.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
 

 


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