Ahmat Yacoub :
Docteur Boulada, vous et moi nous nous connaissons. Nous
avons fait ensemble un long chemin de lutte politique dans
l’une des premières coalitions armées de l’histoire du
Tchad : la CMAP. Puis erreur de jeunesse ou cécité
politique, nous nous sommes séparés. Aujourd’hui nous avons
renoué le fil car rien n’est plus important que les intérêts
du peuple tchadien et j’ai l’habitude de discuter avec vous
sur tous les sujets brûlants qui concernent notre pays.
Vous dirigez le FU/ADT et vous êtes
président de la CMAP/dd. Vous connaissez bien Idriss Déby car vous
faites partie de la délégation de la “ Commission Dialogue et Paix ”
de la CMAP d’alors, dirigée par le Dr Ley qui a entamé des
discussions de paix avec Idriss Déby en 2001 à Abéché, N’Djaména et
Komé-Base.
Je ne voudrais pas revenir sur le
passé.
L’actualité politique aujourd’hui me
presse à vous poser un certain nombre de questions centrées autour
de ce qu’il est convenu d’appeler la fin de règne d’Idriss Déby.
Si tel est le cas, que fait son opposition politico-militaire et
celle dite démocratique ?
Mais avant que vous ne me répondiez
concrètement à ces questions ,dites-moi Docteur Boulada: “ Est-ce
qu’il est vrai que les Tchadiens ont le dirigeant qu’ils méritent ? ”
Réponse :
Nous sommes tentés de répondre par oui. En effet, ce n’est pas à
nous que revient le mérite de dire que “ les Tchadiens ont les
dirigeants qu’ils méritent ”. Beaucoup d’observateurs politiques et
même les Tchadiens l’ont dit bien avant nous. Ce que nous voulons
dire de nouveau c’est notre incompréhension de l’absence de
synergies d’actions, de concertations de l’opposition tchadienne
qu’elle soit politico-militaire ou démocratique pour en découdre
avec Idriss Déby, agonisant et définitivement en fin de règne.
C’est d’autant plus incompréhensible car cette opposition, comble du
paradoxe, a un seul ennemi commun indépendamment de sa zone
d’opération sur toute l’étendue du territoire national, du Nord au
Sud, de l’Est à l’Ouest. Vous vous imaginez de quelle opportunité
aurions- nous pu avoir : une offensive concertée avec les moyens
logistiques partagés équitablement entre les forces aux quatre coins
du Tchad, balayerait le pouvoir clanique d’Idriss Déby en vingt
quatre heures ! On peut toujours continuer à rêver !
Ahmat Yacoub :
Mais Docteur Boulada, la situation sur le terrain national n’est pas
un rêve, c’est une réalité.
Réponse :
Oui, Ahmat Yacoub, c’est un rêve vu sous l’angle de l’absence de
synergies d’actions des forces politiques indépendamment de leurs
clivages. Dans les années de grandes rencontres des leaders des
mouvements politico-militaires du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest
avant Franceville, force est de constater qu’il n’y a jamais eu
entente entre ces leaders. L’expérience montre qu’avec un dictateur
comme Idriss Déby qui dispose des moyens colossaux de l’Etat,
l’absence d’une stratégie de lutte et de concertations des
mouvements rebelles qui le combattent, a toujours été la cause de
survie du système clanique.
Avec une telle opposition,
Idriss Déby peut se permettre d’être arrogant en les traitant des
aventuriers.
Nous appartenons à l’opposition. Nous
sommes tous responsables. S’il y a une action salutaire que nous
devons faire c’est remuer le cocotier de l’opposition pour que
Idriss Déby s’en aille coûte que coûte car
la mémoire des Tchadiens
n’a jamais connu un Président aussi médiocre, incompétent, fourbe,
manipulateur, despotique, truand, haineux, complexé, éprouvant un
désamour définitif envers sa patrie.
Ahmat Yacoub : Je remarque que
vous partagez la récente analyse de Saleh Kebzabo sur l’autopsie du
pouvoir clanique d’Idriss Déby.
Réponse :
L’ analyse d’un régime plus agonisant que celui d’Idriss Déby, est
décidément celle de Saleh Kebzabo. Il n’y a pas, à notre avis, une
analyse d’autopsie plus clairvoyante que celle-ci. Nous osons
toutefois croire que notre camarade et frère Kebzabo a
définitivement tourné la page sur son amnésie des mécanismes de
dominations durant les années de la fameuse démocratie consensuelle
et participative où il gérait le pays avec Idriss Déby, au motif
qu’il pourrait le changer de l’intérieur.
Ahmat Yacoub :
Pourquoi focalisez-vous sur le départ d’Idriss Déby alors que vous
n’êtes pas en mesure de vous unifier ne serait-ce qu’autour d’une
plate forme commune ? Ne craignez-vous pas qu’il puisse y avoir du
Débysme sans Déby tout comme hier, il y a eu du Tombalbayisme sans
Tombalbaye ?
Réponse :
Vous avez peut-être raison. Mais les Tchadiens doivent arrêter
d’interpréter le Tchad, l’heure n’est pas à son interprétation par
différentes manières mais à sa transformation radicale.
Karl Marx disait : “ L’humanité est
capable de résoudre les problèmes auxquels elle est confrontée car à
y voir de plus près, les problèmes eux-mêmes ne surgissent que là où
les conditions pour les résoudre existent déjà ou sont en voie de
devenir. L’obstacle : c’est le capitalisme ”. De la même manière,
nous dirons que “ le peuple tchadien est capable de résoudre les
problèmes auxquels il est confronté. Le seul obstacle, c’est Idriss
Déby ”.
Nous l’avons déjà dit dans une analyse
précédente qu’avec Idriss Déby, l’entropie du Tchad, c’est-à-dire
le désordre de l’Univers Tchadien est toujours croissant.
Il est le seul, grâce aux talents sus-
énumérés (de médiocrité, incompétence, fourberie, manipulations,
despotisme, pègre, haine, complexe, absence d’amour pour la patrie)
à réguler l’ordre du désordre tchadien qu’il a crée grâce aux
détournements des deniers publics, des aides publiques au
développement et à la rente du pétrole tchadien bradé aux majors
anglo-saxonnes et françaises ainsi qu’aux institutions financières
internationales qui sont obligées de fermer les yeux sur ses crimes
politiques et économiques. Le dernier défi en date, c’est la
révision de la loi 001 portant sur les revenus du pétrole destinés
aux générations futures. Avez-vous entendu une protestation de la
Banque mondiale ?
Dans touts les cas, ce n’est pas aux
étrangers de faire partir Idriss Déby mais les Tchadiens. Il est la
racine du mal tchadien.
Vous allez nous rétorquer et c’est bien
l’essence de votre question: “ Un autre Zaghawa ou plus
généralement un autre Tchadien pourrait rendre les choses encore
pire qu’elles ne le sont avec Idriss Déby ”.
Même si nous concédons volontiers que
la politique n’a jamais été une science exacte et qu’en tout état de
cause, nous ne saurons jamais ce que l’avenir nous réserve,
nous sommes convaincus
qu’avec Idriss Déby, nous avons atteint le summum de la médiocrité,
de l’injustice, de l’impunité de ses crimes politiques et
économiques et qu’en définitive aucun Zaghawa ou Arabe, aucun Gorane
ou Sudiste, Ouaddaien ou Hadjarai…ne s’hasarderait à rééditer les
méthodes de gestion d’Idriss Déby.
Ahmat Yacoub :
Docteur Boulada, dites-nous pourquoi le pouvoir clanique d’Idriss
Déby s’est-il lezardé ? Pourquoi y a-t-il contradictions au sein du
clan et quelles sont les raisons de la défection des officiers
supérieurs qui ont crée le SCUD et de l’élite pensante où l’on
retrouve entre autres les frères Erdimi qui viennent de quitter le
navire clanique en perdition ?
Réponse :
Mon cher Ahmat Yacoub. Nous croyons à la somme positive des
Tchadiens indépendamment de leurs clivages idéologiques, culturels
ou confessionnels pour une raison simple. Avec le système clanique
d’Idriss Déby, nous avons atteint le summum de la médiocrité, de
l’injustice, de l’impunité des crimes politiques et économiques. En
effet trop, c’est trop. Cela marque les esprits.
Oui les Tchadiens sont mûrs pour opérer un virage vers un Etat de
Droit.
Aujourd’hui, les membres du clan
d’Idriss Déby, allant des officiers supérieurs de l’armée ayant
crée le SCUD à ceux appartenant au premier cercle du pouvoir, ont
certes, tardivement pris la température du désastre du système
clanique sur la conscience collective des Tchadiens. Ils ont
certainement voulu admettre le fait qu’ils ne peuvent pas
indéfiniment être amnésique aux mécanismes de domination du peuple
tchadien et qu’en conséquence, ils doivent accepter la logique de
l’histoire. Ils ont voulu procéder à leur manière à la
“ rectification du monstre ” qu’ils ont contribué à installer au
pouvoir. Partant, ils ont manifesté leur refus de continuer à
pratiquer la politique de l’autruche dont les conséquences serait
leur co-participation consciente au “ suicide collectif des
Zaghawa ” minoritaires sur l’échelle de la population tchadienne. Il
n’y a pas que les Zaghawa pris dans leur ensemble qui devraient
avoir peur de l’avenir d’un Tchad dirigé par un membre d’une autre
ethnie. Mais nous
tous patriotes et démocrates tchadiens épris de paix, de pardon et
de concorde nationale, devrions avoir peur de la vendetta aveugle,
des règlements de comptes et de la chasse aux sorcières
difficilement maîtrisable à l’échelle d’un pays deux à trois fois
plus grand que la France. Il faut savoir que : “ Idriss Déby
conduit le Tchad vers un champ de mine avec comme au Rwanda un
co-pilotage français ”. Ce n’est pas le Docteur Boulada qui l’a
dit.
Ahmat Yacoub :
Cette situation ainsi créée implique t-elle une responsabilité
particulière des Zaghawa ?
Réponse :
Les Zaghawa patriotes et révolutionnaires doivent participer avec
les autres ethnies du Tchad à la “ rectification du monstre ”
Idriss Déby. Dans tous les cas, Idriss Déby partira avec ou sans la
co-participation des Zaghawa. C’est la logique de l’histoire. Nous
préférions plutôt croire aux premières déclarations politiques du
Collège Révolutionnaire du SCUD. Nous avons l’obligation de leur
tendre la main. Nous nous répétons : “ Tous les Zaghawa ne sont pas
comptables des crimes politiques et économiques d’Idriss Déby. ”.
L’opposition politico-militaire, le MDJT de Mahamat Choua Dazi, le
RDL de Mahamat Nour et d’autres mouvements armés tchadiens opérant
ou non, en gestation ou en constitution sur l’étendue du territoire,
du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest et celle dite démocratique
appartenant ou non à l’opposition parlementaire à N’Djaména, doivent
tendre la main aux vaillants patriotes du SCUD. De la même manière
le SCUD ne doit pas fermer la porte de son mouvement aux autres
ethnies du Tchad qu’elles soient militaires ou politiques.
Ahmat Yacoub :
Le temps ne joue t-il pas en faveur d’Idriss Déby car nous sommes
tout de même à 6 mois des élections présidentielles ?
Réponse :
“ Tout problème humain… ”, si tenté qu’on veuille bien le
résoudre, “ demande à être considéré à partir du temps ” disait
Frantz Fanon. Malheureusement le temps, ne joue pas en faveur du
peuple tchadien. Il va falloir abréger sa misère et sa souffrance.
En effet, les Tchadiens sont à 6 mois des élections présidentielles
qui consacreront la réédition des fraudes électorales et la
réélection d’Idriss Déby pour un 3ème mandant, si
l’opposition politique tchadienne continue à poser des mauvaises
questions et faire de mauvais calcul : celui qui consisterait à
renvoyer aux calendes grecques la fin de son règne.
Nous ne sommes pas des apologistes de
la violence. Mais
il faut savoir que dans le pré-carré français où aucune alternance
démocratique n’est permise, la lutte armée est la seule qui permette
de conquérir le pouvoir et de jeter les bases d’un Etat de droit à
travers des alternances démocratiques renouvelées. Il ne faut pas
permettre à Idriss Déby de réaliser son rêve démoniaque d’un 3ème
mandat ou d’une transition à la togolaise.
Ahmat Yacoub :
Quelles sont les rapports de force à l’échelle nationale dans cette
phase de fin de règne ?
Réponse :
Je risque de ne pas être complet sur ce chapitre. On dit chez nous
que nous avons des mouvements armés à revendre. Cela nous colle à la
peau.
*Dans les lignes de front : nous
avons : Le MDJT de Mahamat Choua Dazi opérant dans l’extrême
Nord, Le RDL de Mahamat Nour nouvellement constitué mais très bien
équipé et très déterminé d’en découdre avec Idriss Déby, Le SCUD de
Yaya Dilo, l’ADR de Younous Ibedou, le FNTR du professeur Babikir
Ismaïl, le FNDT de Aljinedi, l’UDL de Ousman Alfall…Des informations
non confirmées font état des velléités de formation et ou de
reconstitution de mouvements armés avec les colonels Sarwa et
Djibrine Dassert qui auraient organisé des hold up du siècle dans
les poudrières militaire de N’Djaména et de Koundoul.
Nous affirmons avec beaucoup
d’honnêteté que la liste des mouvements armés opérant sur le terrain
est loin d’être exhaustive.
Le SCUD et le RDL ont installé leurs
rampes de lancement à l’Est en territoire tchadien mais Idriss Déby
et son ministre de la défense, ont agité et agitent l’épouvantail de
l’ingérence du Soudan dans les affaires intérieures du Tchad, une
manière d’appeler la France, la Libye et l’Union Africaine à son
secours.
Nous venons d’apprendre qu’une
opération conjointe du SCUD et du CNR( le Conseil National pour le
Redressement) contre la Garde nomade à Moundoul.
Des informations qui nous parviennent
de la ligne de fronts ne sont pas réjouissantes. Si officiellement,
les différentes forces sont pour le principe de leurs synergies
d’actions pour balayer le locataire du Palais Rose, en coulisse,
chaque leader tire la couverture vers son côté : c’est l’éternelle
querelle de leaderships. Ce qui augure mal de l’avenir qu’ils
veulent réserver au peuple Tchadien.
Ahmat Yacoub :
Quel est le rôle de la Diaspora tchadienne dans cette situation de
crise ?
Réponse : La diaspora tchadienne
installée tant en Afrique, en Europe qu’en Amérique du Nord
a réussi a organisé malgré les intimidations d’Idriss Déby un
événement sans précédent en mars 2005 à Paris connu sous
l’appellation de “ la Première Conférence de l’Opposition
tchadienne ” et a mis en place un Secrétariat de Suivi de la dite
Conférence de l’Opposition (SSCO).
L’opposition démocratique celle dite
parlementaire est
représentée par l’UDR d’Alingué, l’URD de Kamougué, les FAR de
Yorongar, l’UNDR de Kebzabo, sans oublier l’opposition non
parlementaire animée essentiellement par la CPDC et ayant pour
porte-parole le leader du PLD Ibni Oumar Mahamat Saleh.
L’ambiance qui règne entre ces
formations politiques dites démocratiques est loin d’être sereine
pour opérer un regroupement autour d’un seul homme comme solution de
rechange à Idriss Déby dans le cas des élections présidentielles
démocratiques et transparentes : la guerre de leadership, cette
maladie infantile de la classe politique tchadienne bat également
son plein en son sein.
Ahmat Yacoub :
Votre rétrospective des rapports de force à l’échelle nationale
apparaît pessimiste pour envisager une fin de règne de Idriss Déby .
Que faire ?
Réponse :
Je reprends la citation de K.Marx déjà citée : “ L’humanité est
capable de résoudre les problèmes auxquels elle est confrontée car à
y voir de plus près, les problèmes eux-mêmes ne surgissent que là où
les conditions pour les résoudre existent déjà ou sont en voie de
devenir.”.
Les conditions pour résoudre l’équation
d’Idriss Déby existent. A la question Que faire ?, le Dr Ley N’Gardigal,
Sécrétaire Général de l’Actus, disait dans un éditorial d’Alwhida
que “ la première étape et la plus raisonnable, serait
l’accompagnement et le soutien par l’opposition de tout coup d’où
qu’il vienne, assené à ce régime… ”. Nous ajouterons qu’aujourd’hui
nous avons une structure pour secouer le cocotier de l’opposition :
c’est le Secrétariat de Suivi de la Première Conférence de
l’Opposition Tchadienne à Paris : le SSCO.
Puis que l’organisation de
la première conférence de l’opposition qui a mis en place le SSCO
n’a pas rencontré l’unanimité au sein de l’opposition de la
diaspora, nous appelons à la tenue d’une deuxième conférence de
l’opposition autour du thème central : “ mise en place d’un
programme politique de transition entre l’opposition
politico-militaire et l’opposition civile ou démocratique ”.
Cette conférence doit se dérouler en
deux étapes :
La première étape
consiste à élargir le SSCO par une rencontre avec les autres
formations de la diaspora qui ont boudé l’organisation de la
première conférence de l’opposition et ce, dans le respect de chaque
formation politique : concertations préalables, arrêt du sujet
central de la rencontre, arrêt d’un commun accord de la date de la
rencontre.
Dans la deuxième étape,
le SSCO, ainsi étoffé et élargi, organisera une rencontre avec les
leaders des mouvements armés : Mahamat Choua Dazi, Yaya Dilo et
Mahamat Nour…. autour d’un thème central : adoption d’un
programme politique de transition.
Ce travail peut se faire dans un délai
relativement court. Deux mois est largement suffisant.
Sur le terrain national à N’Djamena,
nous appelons de tous nos vœux les leaders des formations politiques
de mettre en veilleuse leurs querelles de leadership :
Nous demandons solennellement à Mrs
Kamougué, Alingué, Kebzabo, Ibni Mahamat Saleh, Yorongar, Lol
Mahamat Choua d’organiser une conférence de presse commune pour
enterrer la hache de guerre et faire la paix pour l’avenir du peuple
tchadien. Nous leur demandons de définir ensemble les moyens de
lutte dans le cadre constitutionnel pour en finir avec Idriss Déby.
La real politik consiste à reconnaître que toute prise de pouvoir
dans un pays comme le Tchad dont les populations sont affamées et ne
répondent aux consignes de vote selon leur appartenance ethnique,
est une question d’alliances. On reconnaît la stature d’un homme d’Etat
par sa capacité à transcender les clivages , à œuvrer pour l’unité
des forces vives de la nation et à reconnaître que nul ne détient le
monopole de l’opposition.
Ahmat Yacoub :
croyez-vous que le Soudan est impliqué dans cette crise
tchado-tchadienne ?
Réponse :
je ne détiens pas des informations qui me permettent de répondre à
cette question, mais il faut comprendre que le seul responsable de
la situation catastrophique au Tchad demeure avant tout le
président tchadien Idriss Déby. Ce n’est pas le Soudan qui est
responsable de la défection des soldats gouvernementaux, ni de la
situation économique au Tchad !
Ahamat Yacoub :
Je vous remercie Dr Boulada
Réponse :
C’est moi qui vous remercie
Résumé de
l’entretien
.Avec une telle opposition, Idriss Déby
peut se permettre d’être arrogant en les traitant des aventuriers
(…) la mémoire des Tchadiens n’a jamais connu un Président aussi
médiocre, incompétent, fourbe, manipulateur, despotique, truand,
haineux, complexé, éprouvant un désamour définitif envers sa patrie
(…) nous sommes convaincus qu’avec Idriss Déby, nous avons atteint
le summum de la médiocrité, de l’injustice, de l’impunité de ses
crimes politiques et économiques et qu’en définitive aucun Zaghawa
ou Arabe, aucun Gorane ou Sudiste, Ouaddaien ou Hadjarai…ne
s’hasarderait à rééditer les méthodes de gestion d’Idriss Déby. (…)
Mais nous tous patriotes et démocrates tchadiens épris de paix, de
pardon et de concorde nationale, devrions avoir peur de la vendetta
aveugle, des règlements de comptes et de la chasse aux sorcières
difficilement maîtrisable à l’échelle d’un pays deux à trois fois
plus grand que la France. Il faut savoir que : “ Idriss Déby
conduit le Tchad vers un champ de mine avec comme au Rwanda un
co-pilotage français ”. Ce n’est pas le Docteur Boulada qui l’a
dit (…) L’opposition politico-militaire, le MDJT de Mahamat Choua
Dazi, le RDL de Mahamat Nour et d’autres mouvements armés tchadiens
opérant ou non, en gestation ou en constitution sur l’étendue du
territoire, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest et celle dite
démocratique appartenant ou non à l’opposition parlementaire à
N’Djaména, doivent tendre la main aux vaillants patriotes du SCUD.
De la même manière le SCUD ne doit pas fermer la porte de son
mouvement aux autres ethnies du Tchad qu’elles soient militaires ou
politiques (…) il faut savoir que dans le pré-carré français où
aucune alternance démocratique n’est permise, la lutte armée est la
seule qui permette de conquérir le pouvoir et de jeter les bases
d’un Etat de droit à travers des alternances démocratiques
renouvelées. Il ne faut pas permettre à Idriss Déby de réaliser son
rêve démoniaque d’un 3ème mandat ou d’une transition à la
togolaise. (…) Puis que l’organisation de la première conférence de
l’opposition qui a mis en place le SSCO n’a pas rencontré
l’unanimité au sein de l’opposition de la diaspora, nous appelons à
la tenue d’une deuxième conférence de l’opposition autour du thème
central : “ mise en place d’un programme politique de transition
entre l’opposition politico-militaire et l’opposition civile ou
démocratique.