|

Vista ou la
nouvelle bataille entre Microsoft et la Commission européenne
© Lalé
/laleonline.com, 13 septembre 2006
BRUXELLES
(AFP) - 12/09/2006 16h32 - Après dix ans de bataille antitrust tant
aux Etats-Unis qu'en Europe ou en Corée du Sud, Microsoft entame un
nouveau bras de fer avec la Commission européenne sur Vista,
dernière version de son système d'exploitation vedette Windows.
Si Microsoft a
écopé en mars 2004 d'une condamnation pour abus de position
dominante et d'une amende d'un demi-milliard d'euros, il est
difficile de savoir aujourd'hui quelle sera l'issue de cette
nouvelle bataille, basée pourtant sur le même type d'arguments.
Du côté de
chez Microsoft, on assure avoir tiré les leçons du passé. "2007
marquera le dixième anniversaire des premières accusations antitrust
portées contre Microsoft aux Etats-Unis", a rappelé mardi devant
quelques journalistes le chef de file des avocats du groupe en
Europe, Erich Andersen.
"Et nous
pensons avoir appris beaucoup durant ces dix années", a-t-il ajouté.
Selon lui,
Microsoft, dont le système d'exploitation équipe 9 ordinateurs sur
10, "reconnaît avoir une responsabilité particulière à la fois pour
faire progresser l'innovation et pour préserver la concurrence".
En outre, a
poursuivi l'avocat, "une seconde leçon que nous avons apprise, c'est
que les gens ont de hautes attentes non seulement vis-à-vis de ce
que nous faisons mais également de comment nous le faisons".
Microsoft,
dit-il, doit convaincre qu'elle est une entreprise "de principes",
qui travaille de manière "constructive" avec les gouvernements et
l'industrie pour élaborer ses nouveaux produits.
Si Microsoft
assure avoir gagné "une bonne dose d'humilité", cela ne l'a pas
empêché mardi d'épingler une nouvelle fois la commissaire européenne
à la Concurrence, Neelie Kroes, sur la façon dont elle traite le
dossier Vista.
En mars,
Neelie Kroes avait prévenu Microsoft qu'il ne pourrait
commercialiser Vista en Europe si de nouveaux programmes, comme des
logiciels de protection informatique, étaient préinstallés et vendus
automatiquement avec le système d'exploitation.
Bruxelles
craint que ces ventes groupées, au coeur de la stratégie commerciale
de Microsoft, n'éliminent les concurrents qui commercialisent des
logiciels similaires
Vista, qui
sera commercialisé début 2007, ne comprendra aucun anti-virus avec
le sigle Microsoft. En revanche seront tout de même préinstallés un
pare-feu ainsi qu'un anti-logiciels espions.
"La sécurité
est une priorité pour les consommateurs européens et nous espérons
que la Commission n'exigera pas le retrait en Europe de ces outils
importants", a déclaré mardi Erich Andersen, souhaitant lancer
Windows Vista "de manière totalement légale".
Du côté de la
Commission, c'est l'exaspération qui pointe. Déjà, jeudi, Microsoft
s'était plaint des lenteurs de Bruxelles, qui selon lui tarde à
l'informer des changements éventuels à opérer dans Vista.
Jonathan Todd,
porte-parole de Neelie Kroes, avait alors rappelé que "ce n'est pas
à la Commission de donner un feu vert définitif avant la mise sur le
marché de Vista", mais à l'américain "d'assumer ses responsabilités
de groupe quasi-monopolistique" et de s'assurer qu'il n'abuse pas de
sa position dominante.
Pour
Microsoft, une telle réponse est loin d'être satisfaisante. "C'est
comme si on nous disait de respecter la limitation de vitesse, sans
nous dire quelle est la limite! Alors que doit-on faire: s'arrêter
ou continuer à rouler et risquer une amende?...", s'interroge-t-on
chez l'éditeur de logiciels.
Mardi, M. Todd
a assuré que "la Commission comprenait le désir de Microsoft de
rendre Vista plus sûr". Cependant, a-t-il relevé, "la sécurité
informatique dépend de la diversité et de l'innovation dans le
secteur des logiciels".
Or, a-t-il
poursuivi, "une telle diversité et une telle innovation pourraient
être menacées si Microsoft était autorisé à exclure ses concurrents
des marchés des logiciels de sécurité, en intégrant ses propres
logiciels à son système d'exploitation dominant".
|