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Politique

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Corruption et dictature : une double image peu flateuse...

TCHAD - 14 fevrier 2007 -  


©Lalé | laleonline.com, 13 fevrier 2007 -

Par Dr. Djime Adoum, sahelien@HOTMAIL.com, tchadnews.info

 

Pas un seul jour ne passe sans que les effets de la corruption et/ou de la dictature ne soient mis en évidence.  Du moins c’est ce qui se constate dans les pays où les institutions étatiques sont solides et jouent pleinement leur rôle régulateur.  En exemple nous pouvons citer le cas de l’Affaire Clearstream qui crée un véritable cauchemar pour le Premier ministre français Dominique de Villepin.  Dans la même veine, nous signalons que le premier ministre britanique Tony Blair a été entendu à deux reprises.  Nous soulignons aussi le calvaire du Parti républicain aux USA.  A cause du bourbier de Jack Abramoff, les Républicains (Dépués et Sénateurs) ont subi l’ire de l’électorat et ont perdu les deux chambres au profit des Démocrates.

 

La situation est diamètralement opposée dans les pays moins lotis en institutions de contrôle.  A cet effet, David Wallechinsky (le Washington Post du 11 février, 2007) a publié une liste de vingt des plus mauvais dictateurs au monde.  M. Wallechinsky rapporte que plus de 70 pays sont gouvernés par des dictateurs.  Il considère ces leaders comme « les dictateurs les plus implacables au monde. »  Vingt d’entre eux sont cités dans le tableau ci-dessous par ordre de sévérité.  Afin de pouvoir établir si oui ou non il y a correlation entre la dictature et la corruption, nous avons inclus les statistiques de l’indice de perception de la corruption (CPI) de Transparency International.  Ces indices montrent le niveau de perception de la corruption dans tous les pays du monde.  A titre de rappel, le CPI varie de zéro à dix, dix indiquant le moins corrompu et zero le plus corrompu.    

 

Tableau recapitulatif:  dictature et indice de perception de corruption: 

Nom

Age (ans)

Pays

En Poste depuis

Durée au pouvoir (ans)

Indice de Corruption*

Oumar Hassan Al-Bachir

63

Soudan

1989

21

2.0

Kim Jong-Ill

64

Koree du Nord

1994

13

-

Sayyid Ali Khameni

67

Iran

1989

18

2.7

Hu Jintao

64

Chine

2002

5

3.3

Roi Abdallah

83

Arabie Saoudite

1995

12

3.3

Than Shwe

74

Burma

1992

15

1.9

Robert Mugabe

82

Zimbabwe

1980

17

2.4

Islam Karimov

69

Ouzbékistan

1989

18

2.1

Muammar Al-Qaddafi

64

Libye

1969

38

2.7

Bachar al-Assad

41

Syrie

2000

7

2.9

Theodoro Obiang Nguema

64

Guinée Equatoriale

1979

28

2.1

Le Roi Mswati III

38

Swaziland

1986

21

2.5

Isayas Afewerki

61

Erithrée

1991

16

2.9

Aleksandr Lukashenko

52

Biello Russie

1994

13

2.1

Pervez Musharraf

63

Pakistan

1999

8

2.2

Choummaly Sayasone

70

Laos

2006

1

2.6

Meles Zenawi

51

Ethiopie

1995

12

2.4

Hosni Moubarak

78

Egypte

1981

26

3.3

Paul Biya

73

Cameroun

1982

25

2.3

Vladimir Poutine

54

Russie

 

 

2.5

Note : ce tableau est construit à partir des chiffres présentés par le Washington Post.  Les indices de corruption proviennent du site de Transparency International.

 

D’abord M. Wallechinsky definit le terme « dictateur » comme suit: Un “ dictateur ” est un chef d’Etat qui exerce l’autorité arbitraire sur la vie de ses citoyens et qui ne peut pas être enlevé du pouvoir par des moyens légaux. Il souligne aussi que "les plus mauvais commettent des abus terribles de droits de l’homme .”  En d’autres termes, ces leaders persistent et peuvent rester au pouvoir à vie.  

 

Par rapport à la durée au pouvoir : Selon cette définition et en observant la durée au pouvoir de ces leaders, cinq sont au pouvoir dans des périodes variant de 21 à 28 ans (Al-Bachir, Mswati III, Biya, Moubarak, et Obiang Nguema).  Huit sont au pouvoir pendant des périodes variant de 12 à 18 ans.  Il s’agit de : Roi Abdallah d’Arabie Saoudite, Zenawi, Kim Jong-Ill, Lukashenko, Than Swhe, Afewerki, Mugabe et Karimov tandis que Hu Jintao, al-Assad et Musharraf sont aux commandes depuis 5, 7 et 8 ans respectivement.  Sayasone vient d’y arriver et n’a fait qu’un an au pouvoir.  Cependant il n’a pas tardé à prouver qu’il appartient à ce cercle. 

 

Par rapport à l’âge : Nous remarquons que la plupart de ces dictateurs ont plus de 60 ans.  D’abord la distribution de l’âge est quadripolaire.  Le groupe le plus jeune comprend : Mswati III, Al-Assad, Zenawi, Lukashenko et Poutine.  Leur âge varie de 38 à 54 ans.  Le deuxième groupe comprend ceux qui sont âgés de plus de 60 ans et moins de 70 ans.  Il s’agit de : Afewerki, Al-Bachir, Musharraf, Hu Jintao, Jong-Ill, Al-Qaddafi, Obiang Nguema, et Ali Khameni.  Le troisième groupe comprend ceux qui sont âgés de plus de 70 ans et moins de 80 ans.  Ceux-là sont : Sayasone, Swhe, Biya et Moubarak.  Le groupe des octagenaires comprend Mugabe et le Roi Abdallah. 

 

Quels enseignements tirons-nous de ce tableau ?  En observant la colonne de l’indice de corruption, nous remarquons que les indices de perception de la corruption varient de 1,9 à 3,3. Par rapport à ces indices et selon Transparency International, il ressort que d’une manière générale, l’indice de corruption de 5.0 sert de baromètre en deçà duquel les pays tendent vers la corruption et au delà duquel les pays font des efforts dans la lutte contre la corruption.  Si on se refère à cet indice, il apparaît que tous les pays à la tête desquels se trouvent ces leaders sont corrompus.  En conclusion : il est apparent que plus un pays est dirigé par un dictateur, plus ce pays tend vers la corruption.  Comme rapporté dans le Rapport de 2006 de Transparency International, « le CPI met en évidence un lien profond entre corruption et pauvreté. »  Ceci est encore plus aigu pour les populations des pays à faibles revenus.

 

Conséquences du tableau et son impact pour l’Afrique sub-saharienne : De ce qui précède, il ressort que sept des « allégés dictateurs » sont en Afrique sub-Saharienne. Cette tendance est une indication supplémentaire que le continent africain est le moins loti en terme de démocratie et de bonne gouvernance de la planète. En outre, la classification laisse de côté d’autres dirigeants africains dont la durée au pouvoir et les méthodes de gestion ne sont pas différentes de ceux ici épinglés.  Nous pouvons citer par exemple Deby du Tchad, Denis Sassou-Nguesso du Congo Brazzaville, et Oumar Bongo Ondimba du Gabon.  Ceux-là aussi sont aux commandes de leur pays depuis 17 ans, 22 ans et 38 ans respectivement.

Du fait et en fonction de la définition de la dictature, les populations de ces pays de l’Afrique sub-saharienne ne verront pas leur situation de sous-developpement s’améliorer.  Rappelons aussi que ces populations vivent sur moins d’un dollar US par jour.  Les infrastructures scolaires et socio-sanitaires ne sont pas bonnes.  Dans la mesure où les peuples de ces pays ne peuvent pas remplacer les dictateurs par les voies pacifiques émanant des urnes, quels autres moyens leur reste-t-il pour voir un jour un changement positif dans leurs conditions d’existence ?

 

 

 


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